pauca-meaeVoilà une section qui présente certains des poèmes les plus connus de Victor Hugo, ceux qui ont été donnés en récitation, ou en lecture expliquée, méthodique, analytique, selon la dernière mode métalinguistique de l'Education nationale et donc selon votre âge. Ils tournent autour d'un événement tragique advenu le 4 septembre 1843, le décès de Léopoldine Hugo, jeune mariée, avec son époux, noyés tous deux.

Le célèbre poète évoque la disparue, se révolte contre la volonté de Dieu, l'interroge, proteste contre un entourage qui, "Trois ans après", trouve que le deuil a suffisamment duré. Pourtant, peu à peu, de regrets sereins en crise de désespoir, le poète-prophète retrouve la foi en sa mission et croit discerner les raisons de cette mort absurde, de ce chagrin qui n'a même pas le parfum du châtiment : elle ajoute une corde à sa lyre et enseignera les hommes. Il découvre qu'elle lui a appris, à lui, la soumission et l'humilité devant Dieu.

Il est vrai qu'on retrouve, car on ne peut arriver à un certain âge sans avoir vécu peu ou prou ce qu'il a vécu, des sensations communes et à travers son désespoir ou sa consolation, on retrouve les nôtres. Voilà bien du lyrisme personnel peut-être plus accessible que celui de Lamartine, qui fait entrer le thrène dans notre monde familier, mais qui restera opaque pour qui n'a pas la consolation de croire en un au-delà, ni à un dessein divin.

Sans aller jusqu'à ce drame, la tendresse qui se lit dans les vers sur sa paternité, sur les souvenirs qu'il a de sa fille, et même de ses autres enfants, par ricochet, attendrit également et c'est également un beau témoignage d'une vie de famille unie et aimante.

Citations :

  • Oh ! je fus comme fou dans le premier moment,
    Hélas ! et je pleurai trois jours amèrement.
    Vous tous à qui Dieu prit votre chère espérance,
    Pères, mères, dont l'âme a souffert ma souffrance,
    Tout ce que j'éprouvais, l'avez-vous éprouvé ? (V)

 

  • Elle avait dix ans, et moi trente ;
    J'étais pour elle l'univers. (...)
    Oh ! je l'avais, si jeune encore,
    Vue apparaître en mon destin ! (VII)

 

  • Elle disait souvent : Je n'ose,
    Et ne disait jamais : Je veux. (VIII)
  • Demain, dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne
    Je partirai. Vois-tu, je sais que tu m'attends. (XV)
          Avouez que vous l'aviez appris par coeur, celui-là ! ;oP
  • Je sais que le fruit tombe au vent qui le secoue ;
    Que l'oiseau perd sa plume et la fleur son parfum ;
    Que la création est une grande roue
    Qui ne peut se mouvoir sans écraser quelqu'un ; (XVI)