athenesSous-titre : "Souvenirs, impressions, pensées et paysages pendant un voyage en orient, 1832-1833 ou Notes d'un voyageur".

Lamartine voyage en bateau en Orient. Ici, le voilà contournant le Péloponnèse et arrivant en vue d'Athènes. Quelques péripéties (tempêtes), des rêveries devant les paysages toujours guère urbanisés qui, de la mer, peuvent aisément faire rêver aux sols antiques, donner l'illusion qu'Ulysse vit les mêmes terres de son navire...

La rencontre avec les Grecs fut plus mitigée : entre l'admiration pour les nobles représentants en armes (la guerre avec la Turquie est toujours d'actualité) dans l'assemblée toute simple, qui évoque évidemment pour lui les orateurs antiques dénonçant les dangers extérieurs (Démosthène, pour ne pas le nommer), l'extase devant la simplicité d'une hospitalité donnée dans la canicule, et la déception devant la vie prosaïque et l'absence de cette Grèce de Périclès (ça ne fait que quelques années sur trente siècles, quand même) que les touristes voudraient voir, à l'exclusion de tout autre temps.

theseion

On retrouve bien la fascination des Romantiques pour les ruines et les rêveries (reconstitutions ou thrènes) auxquelles elle donne lieu, et je découvre chez l'auteur une répugnance pour tout ce qui ressemble à une intellectualisation de ce passé : les musées, les guides... Lamartine ne veut que des guides qui vous font remonter le temps ou vous montrent du pittoresque, de l'émotion et pas des conférences. Que la vue du temple de Thésée le laisse froid me surprend quand même un peu...

Citations :

  • En approchant, convaincu par la lecture de la beauté du monument, j'étais étonné de me sentir froid et stérile ; mon coeur cherchait à s'émouvoir, mes yeux cherchaient à admirer. Rien. (...) Je n'eus qu'un instant d'extase : c'est celui où, assis à l'angle occidental du temps, sur ses dernières marches, mes regards embrassèrent à la fois, avec la magnifique harmonie de ses formes et l'élgance majestueuse de ses colonnes, l'espace vide et plus sombre de son portique, et sur sa frise intérieure les admirables bas-reliefs des combats des Centaures et des Lapithes (...).