l_affiche_greenbookLe Green Book, c'est un guide touristique à l'usage des Afro-américains pour les Etats du Sud où tous les hôtels ne sauraient les accepter comme clients. Mais dans le Nord, tout n'est pas chaleureux ni dépourvu de préjugés. Tony Vallelonga, dit Tony Lip (Viggo Mortensen), père du scénaristede ce film, est un videur de boîte, brave homme un peu rugueux avec les gens, carrément intraitables avec ceux qui se mettent en travers de sa route ; raciste capable de mettre à la poubelle des verres dans lesquels des ouvriers noirs ont bu, j'aime autant vous prévenir. Mis en chômage technique pour deux mois, il se trouve obligé de servir de chauffeur à un pianiste de jazz, le Dr Don Shirley (Mahershala Ali) qui est attendu pour une série de récitals dans le Sud profond... Le voyage va ébranler toutes les certitudes de Tony...


La fable édifiante y est, elle était attendue, on l'aura. Mais là n'est pas l'intérêt du film. Outre le panorama nécessaire d'un Sud qui n'en finit plus d'admettre que la couleur n'est pas une variable d'humanité (certaines séquences m'ont arraché un "oh" scandalisé, alors même que je savais parfaitement de quoi ces gens ont été capables), Tony et Don sont deux personnages (en réalité des personnes qui ont existé) très intéressants, complexes, capables d'évolution fines sous des pressions qui devraient les faire exploser. Certains moments sont farcesques et tant mieux, le film serait irrespirable sans cela, et Viggo Mortensen remplace avec brio De Niro pour un rôle fait pour ce dernier. Je suis étonnée de sa capacité à la composition. L'immense classe de Mahershala Ali sert son personnage auquel il donne d'imperceptibles fêlures, celui qui a échappé aux codes raciaux et sociaux par son talent et qui peine à se trouver une place personnelle parmi les humains.

Bande-annonce.

Revu le 3 mai 2019.