9782234085725-001-TGuillaume de Fonclare écrit bien, je le savais, je l'ai déjà écrit : l'écriture est contemporaine sans maniérisme moderne, simple et châtiée, avec des images à l'avenant qui verdissent et rafraîchissent sa réflexion. En effet, c'est à une quête spirituelle que lui, "l'athée militant", nous convainc, à la faveur d'une expérience de joie qui l'emmène malgré lui vers un agnosticisme (pas forcément la version "molle" de l'athéisme, contrairement à ce que l'on croit, mais c'est moi qui le dis). Bien entendu, ayant lu Pascal, comme l'auteur, sans doute, j'avais mon idée : "Tu ne me chercherais pas si tu ne m'avais pas déjà trouvé", dit Dieu à Pascal.

A titre personnel, concernée par deux opus lus, Dans ma peau et Dans tes pas (d'autres sont sur ma pàl), où sa santé était préoccupante, je me suis réjouie de le voir marcher, se promener et de pressentir que cela ira, et j'adresse par dessus les ondes web tous mes voeux de guérison aussi à son aimée.

Il y a des passages où l'analyse qu'il fait, dans sa retraite d'écrivain dans le causse, sur le rapport que nous avons, pour beaucoup, avec la spiritualité qui sont saisissants. La modestie du propos de Guillaume de Fonclare m'inspire un immense respect, tout autant que sa joie a été communicative. Et, comme souvent dans ses oeuvres précédentes, il rend à ceux qui l'ont inspiré, proches, moins proches, ce qu'il leur doit dans le cheminement de sa pensée et on fait leur connaissance avec plaisir.

Mon échec : quel est ce nom qu'à Dieu ils donnent ? J'ai relu plusieurs fois la phrase qui l'explique, mais elle a gardé son mystère.
Mon erreur : avoir cru presque jusqu'à la fin du récit que le titre signifiait : "Ce qu'ils appellent Dieu".

Citations :

  • J'imagine la longue chaîne de croyants qui, depuis presque un millénaire, ont prié ici avec leurs espoirs et leurs soucis ; tous ça n'a pas vraiment d'importance aux yeux de l'HIstoire, mais dans cette petite église il m'a semblé toucher du doigt l'humanité tout entière avec ses problèmes du quotidien, et ses aspirations à hauteur d'homme. Ont défilé sur ces grandes pierres disjointes et dépolies des milliers de dizaines de milliers de paires de pieds et de genoux d'être humains venant adorer Dieu et ses saints, en espérant voir s'exauser les souhaits des plus humbles aux plus grandioses.
  • Cette journée a tenu ses promesses ; à aucun moment tu ne t'es paré de Dieu, mais tu en as fait une belle présence pour nous, autour de nous.
  • Mais à qui rendons-nous grâce lorsque nous écoutons le solo de guitare sur "Shine On You Crazy Diamonds" des Pink Floyd ? (...) Parfois, nous avons la sensation de ne plus être nous-mêmes, dans la transe de la danse ou la concentration de l'écoute ; nous avons l'impression que le temps s'arrête, que le cours de la vie est tout entier ramassé en ces secondes intenses, et nous nous élevons au-dessus de nos existences pour être profondément, singulièrement.

L'article de La Croix , très intéressant.

Passage à la Grande Librairie ; je suis fan de la version pianistique de Shine On You, Crazy Daimond, depuis.