s-l1600Michel Houellebecq, qui joue son propre rôle et se paie même le luxe de jouer la suite de sa fiction précédente, ravisseurs compris, vient à Cabourg pour une thalassothérapie. Mme Houellebecq, jouée par elle-même, vient encourager son vieux poupon puis se sauve. Apparemment, il ne se doutait pas de ce qu'est une "thalasso" : pas de vin, pas de cigarette, gastronomie diététique (qui me faisait envie à moi) et un curiste qui le prend obstinément pour Yann Queffélec. Il croise Guillaume Depardieu, embourbé dans la même galère mais organisé pour lutter contre l'adversité et lui proposant généreusement ses victuailles et boissons cachées.

Bien que la situation ne m'ait pas du tout paru crédible et que j'aie ressenti peu de sympathie pour les manoeuvres d'évitement des deux cancres de la forme, j'ai aimé la façon dont ce séjour de plus en plus glauque était filmé, évidemment les conversations entre le small talk et la pensée profonde, le jeu qu'affectionne beaucoup Houellebecq, notamment dans La Carte et le Territoire, de jouer entre sa personne et son personnage, même si son ambition supposée d'être candidat aux présidentielles ne convainc pas une seconde. On joue un peu aux devinettes, au cours des situations et des propos : qu'est-ce qui est inspiré de la personnalité, du vécu authentique de Houellebecq ou de Depardieu (censé être appelé par Stallone chaque fois que ce dernier vient en France)? L'intervention des "pieds-nickelés", comme dit un critique, loin de m'avoir dérangée, apporte un peu de sel à l'histoire. C'est peut-être le moment où Houellebecq jouant celui qui ment me convainc d'être fait pour jouer.

Bande-annonce. Une autre.