nouvelles-étranges-buzzatiVoici un petit recueil composé artificiellement, à l'intention d'élèves du second degré, à partir des recueils Les Nuits difficiles, Nouvelles oubliées et Panique à la Scala que je n'ai jamais lus, moi qui estime pourtant avoir lu la plupart des nouvelles "qui comptent" de Buzzati. Celles-ci sont loin d'être négligeables et inintéressantes. On trouve "Le Monstre", "L'Influence des astres", "Lettre ennuyeuse", "Alias rue Sésostris", "Chez le médecin", "Quand descend l'ombre", "Une lettre d'amour", "Escorte personnelle".

La première, "Le Monstre", nous propulse dans ce qui pourrait faire l'objet d'un roman fantastique et que l'auteur préfère interrompre, fidèle à sa manière, en plein climax fantastique et nous laisser à nos questions. "Chez le médecin", "Quand descend l'ombre" peuvent faire penser à certaines nouvelles du K, surtout "Escorte personnelle" qui a quelque chose à voir avec la nouvelle du K elle-même.

J'aime beaucoup "Une lettre d'amour" (différente de celle où un fiancé écrit à sa fiancée en révélant qu'ils sont complètement incompatibles) où un homme d'affaire tente de déclarer son amour à une certaine Ornella mais est tout le temps dérangé : "Combien de temps dura cette tornade ? Des heures, des jours, des mois, des millénaires ? Quand tomba la nuit il se retrouva seul, enfin.
Mais, avant de quitter la pièce, il voulut remettre un peu d'ordre dans ce tombereau de paperasses, de dossiers, de compte rendus, de protocoles,d 'études qui s'étaient accumulés sur son bureau. Tout en dessus de cette énorme pile, il trouva une feuille de papier à lettres sans en-tête, écrite à la main. Il reconnut sa propre écriture.
Intrigué, il lut : "Quelles stupidités ! Quels ridicules enfantillages ! Qui sait quand j'ai pu les écrire ?" se demande-t-il, cherchant en vain à rameuter ses souvenirs, avec une pénible sensation de désarroi jamais encore éprouvée. Et il se passa une main dans les cheveux devenus désormais d'un gris argenté. " (...) Et d'ailleurs : qui était cette Ornella ?"