juste-une-ombreCloé Beauchamp est le point de mire : belle, ambitieuse, arrogante, elle a trouvé l'homme de ses rêves, gravi rapidement les échelons de son entreprise, faisant reconnaître ses talents et travail loin devant ses rivaux, ses amies peinent à la suivre et à essuyer ses affronts... Elle revient de loin, trimballant une immense culpabilité pour avoir mis en danger sa cadette, dont elle a gâché la vie. Est-ce cette ombre dans sa vie qu'elle aperçoit un soir devant sa voiture et qui s'approche soudain d'elle ? La silhouette d'un homme très grand, avec une capuche, aux lunettes noires et au bas de visage dissimulé par un foulard ? Est-ce une allégorie ou un agresseur réel ? Elle finit par constater des intrusions dans son appartement, entend confusément sa voix, subodore des attouchements, voire un viol...

Bertrand, l'amant louche de Cloé, s'agace autant que son amie Carole, flanquée d'un petit ami infirmier psychiatre, Olivier, qui est formel : c'est du délire paranoïaque. Un neuro-psychiatre et plusieurs policiers accusent les bouteilles d'alcool que Cloé s'est mise à vider, et prétendent, malgré ses farouches dénégations, qu'elle s'est droguée. Or, les seuls substances pharmacologiques prises par Cloé sont ses cachets pour une maladie de coeur, et les somnifères fournis par Bertrand. Pour lui faire plaisir, on accusera alors le mélange ; mais aucun témoin, aucune trace qu'elle n'aurait pu faire elle-même, aucune blessure, même pas lors d'un examen gynécologique...

Alexandre Gomez, un commandant de police mis à pied pour avoir mis en danger son adjoint, et flirtant dangereusement avec des idées de suicide depuis que sa femme est décédée, s'intéresse au cas de Cloé : elle ressemble à la défunte... et son cas ressemble à s'y méprendre à une autre affaire classée par la police quelques temps auparavant.


Il est rare que j'écrive un si long argument, et encore ai-je fait des coupes vraiment drastiques. En réalité, j'aurais l'impression de desservir un bon thriller qui mérite beaucoup de considération. La 4ème de couverture ne rend déjà pas justice au contenu (on croirait encore un de ces romans noirs faciles), je ne veux pas aggraver la situation. Impossible - sauf cas de force majeure - de lâcher ce texte, que j'ai achevé au détriment de beaucoup d'autres choses ! A part une pagination un peu facile (abus des retours à la ligne pour imiter les phrases lapidaires créant un suspense), rien n'est maladroit, on évite le cliché là où il était presque impossible de le faire ; le personnage de Cloé aurait pu être flatté pour gagner son droit au pathétique, l'auteur parvient à le gagner pour une ambitieuse vraiment peu sympathique.