Bacha-Posh_1965Une bacha posh, c'est un imposteur malgré elle. En Afghanistan, quand un père a la déveine de n'avoir que des filles, il peut choisir l'une d'elles et la travestir en garçon jusqu'à sa puberté, histoire de vivre le plaisir de transmettre et de dialoguer librement avec sa descendance. C'est ainsi que Farruhkzad, il y a dix, était devenue Farrukh et avait fini par oublier que ce qu'elle avait d'abord vécu comme un renoncement était un privilège à durée limitée.

Entre-temps, Farrukh est devenu barreur dans une équipe d'avirons afghane, un chef doué, parlant couramment français, ce qui lui a permis d'intéresser Maude, une Française qui leur procure une barque digne de ce nom et des méthodes d'entraînement dont Farrukh se fait le relai. Malheureusement, sa puberté arrive en même temps que la certitude qu'ils ont leur chance aux Jeux Olympiques et, redevenu Farrukhzad, voilà que la nouvelle jeune fille doit rester recluse à la maison et qu'Amina, la petite soeur, devient Sifat et prend sa place de garçon...


Un roman aux péripéties parfois peu crédibles, auxquelles on adhère parce qu'elles ne manquent pas d'intérêt et qu'on veut savoir où tout cela mènera. La générosité de Maude est carrément improbable, c'est sans doute ce qu'il y a de plus gênant dans le texte, et la fin paraît trop facile : l'espoir, qui a été amené par la prise de conscience d'un ailleurs où les femmes peuvent réaliser leurs rêves, paraît avoir peu de chances d'être consolidé par le futur qui attend l'héroïne. Mais là encore, j'ai préféré "faire comme si".

Publié chez Actes Sud Junior, le roman se lit vite et aura la vertu d'interpeller les jeunes francophones sur ce qui se passe en Afghanistan ; peut-être de donner envie de lire Romain Gary (dont l'apport n'est pas clair dans ce récit).