karl-marxEn 1844, les premiers mouvements ouvriers qui prennent conscience des conséquences sociales de l'essor économique de la Révolution industrielles s'organisent. Karl Marx (August Diehl)  est un journaliste et philosophe qui vit pauvrement à Paris avec Jenny (Vicky Krieps), issue d'une des plus vieilles et prestigieuses familles d'Allemagne, toute acquise à l'idéal socialiste. En effet, l'Allemagne le censure, et ses écrits en France sont également surveillés de près. Il rencontre Friedrich Engels (Stefan Konarske), fils d'un riche industriel, révolté par ce qu'il voit au quotidien dans l'entreprise de son père en tant que fondé de pouvoir. Très vite, ils comprennent qu'il faudrait trop de temps pour rassembler eux-mêmes les ouvriers et qu'il faudrait faire de l'entrisme dans des groupuscules déjà existants, qu'il faudrait ensuite amener à admettre, par exemple, qu'il y a bel et bien une lutte des classes...


On voit ici la genèse de la rédaction du Manifeste du Parti communiste, publié en 1848. Le film est esthétique, dynamique, clivant, et je le conseille malgré sa linéarité. Les personnages sont jeunes et beaux, généreux et passionnés, ils sont amoureux, ils sont la vie même. J'ai été vraiment intéressée par les forces philosophiques en présence, par la représentation de Proudhon dont on ne nous parle plus guère, à part Onfray, car j'en ai une vie extrêmement contemporaine et je ne me figurais pas qui avait le plus d'audience à l'époque. Le putsch idéologique opéré par Marx et Engels dans la confrérie dans laquelle ils sont cooptés est également inattendu. La morgue, le mépris et l'inhumanité, et l'incapacité à voir ce qui leur est moralement reproché, des patrons capitalistes, n'ont pas pris une ride : des enfants travaillent pour moi, mais je m'enrichis, donc il n'y a pas de problème.

Au cours du débat qui a suivi le film, les personnes présentes ont déploré la quasi-absence de jeunes, ignorant que bien des professeurs d'économie ont fait la démarche d'emmener voir le film à leurs classes.

Bande-annonce.

Vu au cinéma des Lumières de Vitrolles dans le cadre d'une "Soirée Karl Marx" organisée avec l'Association vitrollaise Les Amis de l'Humanité, avec repas participatif et débat animé par Serge Roure, professeur de philosophie.