forme-eauElisa (Sally Hawkins) travaille comme femme de ménage dans un laboratoire d'expérimentations secrètes aux Etats-Unis d'Amérique, en pleine guerre froide. Elle est muette. Ses meilleurs amis sont son voisin (Richard Jenkins), un peintre très seul dans son homosexualité, et une collègue de travail, Zelda (Octavia Spencer), très seule dans une vie de couple frustrante. Leur vie est d'une routine absolue, surtout pour Elisa, qui écoute beaucoup, et ne conserve de son passé d'enfant trouvée (dans l'eau) que des traces de griffures sur le cou.

Voilà qu'une créature amphibie est emmenée dans le laboratoire... Elisa constate que le monstre est torturé par M. Strickland (Douglas Shannon), qui n'hésitera pas à l'envoyer à la vivisection, dans l'intérêt de la science. Or elle a réussi à communiquer avec lui et le voit comme un alter ego.


Un très beau conte, comme j'aime chez ce réalisateur : Hellboy, Le Labyrinthe de Pan... Les images d'une grande beauté, les décors soignés, rattrapent largement un scénario qui, parfois, me paraît laisser un petit peu à désirer. La créature est fascinante et le film illustre la thèse de la tolérance et surtout du refus des sacrifices éthiques à faire au nom de la science ou de la défense, ravalées au rang de prétexte à des promotions humaines et des luttes pour le pouvoir.

Il paraît que Jeunet accuse Del Toro d'avoir copié Le Fabuleux destin d'Amélie Poulain ; c'est ce que les premières images me donnaient à penser, mais l'impression se dissipe ensuite.