oedipe-sur-la-routeL'immense succès de la tragédie Oedipe Roi a contribué à faire connaître le sort particulier d'Oedipe, dont on a fait un complexe. La tragédie Antigone fait le joint, Les Phéniciennes, moins connues encore, nous racontent aussi la suite. Ce roman commence également comme une suite, une sorte de création de péripéties et inventions de personnages que nous ne connaissons pas puis, en analepse, nous rapporte d'autres épisodes de la vie d'Oedipe et d'Antigone que nous ne connaîtrions pas.


 Cela faisait très longtemps que j'avais inscrit dans ma pàl ce roman, et l'avoir gagné à une loterie de bookcrossing m'a permis de m'y mettre. Ce qui surprend est une ambiance dont on se sait pas vraiment si elle est magique ou onirique, elle se rapproche de l'eidesis dont Carlos José Somoza traite dans La Caverne des idées. Bauchau reprend, certes, les motifs connus de l'histoire d'Oedipe, mais pourquoi avoir voulu, par exemple, qu'il soit également allé combattre le Minotaure ? Ce qui est intéressant reste le respect de la question de la malédiction, de la parole donnée par le roi et reprise par Oedipe. Un sentiment d'inaccompli, de frustration nous gagne quant au sort de Clios, un jeune homme rencontré sur la route, et d'Antigone. Leur destin les attend, nous le savons, et ce n'est pas l'heureuse fin qu'on pourrait espérer pour des personnages auxquels on s'attache, ne serait-ce que pour leurs failles, qui nous les rend proches plus encore que leurs forces.

Les fresques sont tout à fait spectaculaires, mais j'ai fini par me rendre compte que je les visualisais comme des sortes de dessins animés, tant on est dans une sorte de monde magique, épique ; malheureusement, tout en reconnaissant leur valeur et leur beauté, je n'ai pas été bouleversée. Ce roman est peut-être tombé au mauvais moment.